L’Arbre

De son ombre de Dieu, l’arbre veille sur l’homme,
Fleur de chair et de sang sous ses bras grand ouverts ;
Le colosse de bois ne comprend rien au gnome
Qui s’agite à ses pieds en bipède pervers.


L’arbre, éternellement, pense sur l’univers,
Sans s’émouvoir du frêle animal qu’il détrône ;
Il puise son savoir de minéraux divers
Et contemple les cieux qui lui offrent l’aumône.


Hélas, son sommeil sage est quelquefois troublé
Par un vibrant insecte au membre barbelé
Que fixent sur son tronc des prêtres effroyables.


Le seigneur végétal, brusquement désarmé,
Délaisse avec douleur le ciel qu’il a aimé,
Pour étreindre le sol, de ses mains pitoyables.

1980.

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