Oncle Roger

Oncle Roger avait des cheveux bien peignés,
Les yeux clairs ; il portait une belle chemise,
Une cravate au nœud un peu lâche ; sa mise
Était celle d’un jeune homme plutôt soigné.


Il parlait d’une voix hésitante, cherchant
Ses mots, et répétant dix fois la même chose ;
Personne n’écoutait son ennuyeuse prose…
Son regard était doux, son sourire attachant.


Et moi, je l’observais, intrigué, dans mon coin,
Surpris de voir ses yeux si bleus se perdre au loin…
Qui pouvait se cacher dans ce grand corps d’adulte ?


Quel enfant de trente ans, quel petit garçon sage
Vivait ainsi, tranquille, à l’abri des tumultes,
Dans ce jardin au ciel sans pluie et sans orage ?


mars 2021.

Oncle Roger, à Jodoigne, en 1967

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