Voix (d’après Bach)

Bach, une cathédrale, où la douce lumière
De Dieu, bien calmement, pénètre et resplendit,
Dans la gloire et l’amour, une église où se dit
Une messe éternelle et comme familière.

 

C’est une voix qui nous parle et nous interpelle,
Dans une langue étrange et pourtant familière ;
C’est une église pauvre, une humble chapelle,
Où s’allument sans fin d’invisibles lumières.

Entendez-vous chanter, là-bas, loin dans les nues,
Ces séraphins secrets, qui pleurent, qui sourient ?
N’est-ce pas un enfant qui, de sa voix menue,
Raconte doucement l’histoire de sa vie ?

Mais voilà le tonnerre et une voix qui gronde,
Et s’élève, terrible, en la folle tourmente ;
Comme le ciel est sombre, et comme notre monde,
Semble si peu de chose en la tempête ardente !

Tout se calme, s’apaise, et l’on entend, légère,
Et tranquille, une voix qu’un peu de vent emporte ;
Il reste le silence et comme une lumière,
Partout, sur l’univers et sur les ombres mortes.

 

Jean-Paul Labaisse, 1991.

 

Bach
Portrait de Jean-Sébastien Bach (61 ans) par Elias Gottlob Haussmann,  copie ou deuxième version de sa toile de 1746. La peinture originale est accrochée dans la galerie à l’étage de l’Altes Rathaus (ancien hôtel de ville) à Leipzig, en Allemagne.

 

 

Bach église saint thomas
Eglise Saint-Thomas de Leipzig, en 1749

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