Mélisande (d’après Debussy et Maeterlinck)

Debussy, un bateau immobile sur l’onde,
Ses hublots colorés par les fonds sous-marins,
Ses voiles que parfume un vent doux et chagrin,
Brise d’amour, frisson qui flâne et vagabonde.

 

C’est une jeune fille à chevelure blonde.
Elle est assise au bord de l’eau, dans la forêt ;
Sa robe est bleue et ses yeux sont verts, comme une onde
Aux changeantes couleurs, aux incertains reflets.

Elle caresse l’eau, de sa main blanche et ronde,
Et la rivière fait son murmure discret.
Elle semble rêver, loin d’ici, loin du monde,
Parmi les parfums morts de ces tristes marais.

Mélisande est venue, au château de Golaud ;
Elle se tient à la fenêtre, elle s’ennuie,
Et le vent souffle dans ses longs cheveux sans vie.

Au bord de la fontaine, elle regarde l’eau,
Les reflets bleus et verts ; elle franchit la pierre,
Et glisse lentement dans l’onde pure et claire.

1992.

 

Melisande 2
Mary Garden, créatrice du rôle de Mélisande dans l’opéra « Pelléas et Méĺisande »
Mélisande
Pelléas et Mélisande, Edmund Leighton (1853–1922)