Lucie de Lammermoor

Donizetti, la voix d’une femme, infinie,
Qui s’étire et se brise et grandit et descend,
On ne voit pas la fin de ce chant languissant
– C’est la voix sublime et douce de la folie.

 

Au château, scintillant sous les blanches lumières,
On voit se promener de nombreux invités,
Des barons, des marquis, des ducs, et quantité
De gens, petits bourgeois et grandes roturières.

Quelle splendide fête ! À la douce clarté
Des chandeliers d’argent, sur des tables de pierre,
On mange, on crie, on rit, buvant du vin, des bières,
Dévorant le gibier, les gigots, les pâtés.

En haut de l’escalier, toute pâle, Lucie
Apparaît, sans son voile, et la foule applaudit
Celle dont c’est la noce, et qui pleure et qui rit !

On remarque, soudain, que sa robe est salie,
Recouverte d’un sang rouge et noir : cette nuit,
Durant la fête, elle a poignardé son mari.

1992.

 

Donizetti 2
Venera Gimadieva en Lucia de Lammermoor
Donizetti
Nadine Koutcher, opéra de Toulouse (2017).