Orphée et Eurydice

Ils étaient des bergers, ils s’aimaient ; mais Eurydice
Disparut, et Orphée aux enfers descendit,
Dans la joie et dans la douleur : Monteverdi,
Venise et sa langueur triste, le Saint-Office.
  

 

Gluck, une chambre vague, aux lampes étouffées,
La nuit que l’on devine et l’ombre qui s’étend
– Au milieu des soupirs et des pleurs, on entend,
Triste et douce à la fois, la complainte d’Orphée.

 

Eurydice était douce et les berges l’aimaient ;
Orphée avait trouvé le bonheur, auprès d’elle.
Un messager survint, annonçant la nouvelle
La plus triste : Eurydice était morte, à jamais.

Longtemps, son bien-aimé gémit, comme un homme ivre.
Aux terres des défunts, il descendit, sans peur,
Guidé par son amour ; il entendait les pleurs
De ceux qui ne sont plus, et qui veulent revivre.

Eurydice apparut, tendre et charmante fée,
Qui ne comprenait pas qu’elle était morte ; Orphée,
La prenant par la main, avec lui l’emmena.

Il voulut l’embrasser et il se retourna ;
Mais elle disparut, doucement, comme une ombre,
Repartant, sans un bruit, vers les royaumes sombres.

1991.

 

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Orphée et Eurydice, Federico Cervelli

 

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Sarcophage néo-attique sculpté représentant Orphée parmi les bêtes, au Musée archéologique de Thessalonique, 3ème siècle avant J.-C.