Roméo et Juliette (d’après Shakespeare et Gounod)

C’est un tombeau de marbre, où le murmure las
De la nuit souffle et passe ; allongée sur la pierre,
Le corps abandonné, les yeux dans la lumière,
Juliette dort – surtout, ne la réveillez pas !

Dans la crypte paisible, un jeune homme est venu ;
Il écoute le chant de la brise tranquille,
Et l’arôme des fleurs, jasmin, lilas, jonquilles,
Monte vers lui, parmi des parfums inconnus.

Comme le soir est calme et beau ! Comme les heures
S’écoulent, dans la paix douce du cimetière !
– Roméo prend sa main, s’agenouille, puis pleure.

Couché contre le sol, il embrasse la pierre…
– Et Juliette frissonne, ouvre les yeux, s’éveille !
Deux corps sont enlacés, froids, dans l’aube vermeille.

1992.

 

Roméo et Juliette
Roméo et Juliette, par Frank Bernard Dicksee (1184)
Roméo et Juliette 2
Juliette juste avant l’ingestion de la potion par Albert Tschautsch