Don Juan

Mozart, théâtre plein de folie et d’ardeur,
Chérubins ingénus, bergères et comtesses,
Un cimetière où, parmi les tombes, se dresse
La statue noire et terrible du Commandeur.

 

Don Juan, dans l’Enfer, soupire et se souvient.
Depuis longtemps Elvire est morte… Sur sa pierre,
Ni couronnes, ni fleurs; aucun homme ne vient
Méditer sur sa tombe, en le froid cimetière.

Au château, on entend rire et chanter : demain,
Anne se mariera… Dans sa robe, elle est fière,
Elle est belle ! A l’église, elle pleure, et ses mains
Se joignent, et partout, Dieu répand sa lumière !

Comme il fait sombre ! En leurs tombes abandonnées,
Les morts remuent doucement leurs mains décharnées…
Ils gémissent, un peu, dans leur morne sommeil.

Là-bas, une statue a bougé… Elle lève
La tête, comme dans le plus étrange rêve…
Don Juan rit ! Il fait chaud et bon, au soleil !

Jean-Paul Labaisse 1991.

                                               

 

 

Don Giovanni 2

Cosi fan Tutte (Mozart)

C’est une fête un peu triste, à la fin du jour,
Avec des rires doux, des cris, dans le ramures,
Et des soupirants las, dont les secrets murmures
Sont comme les échos du plus tragique amour.

La lune paraît, blanche, et d’étranges visages
Sortent de l’ombre, avec des masques indistincts,
Aux traits figés, aux fronts blêmes, aux yeux éteints,
Et des pleurs cachés, sous le pâle maquillage.

C’est un rêve qui se termine et qui se brise,
Comme ces amours qui se font et se défont,
Au fil de l’eau, flocons de neige que la bise

Emporte à l’horizon, écume ensevelie…
Ce sont des enfants qui pleurent, et qui s’en vont,
Dans les ombres de la nuit : la fête est finie.

Jean-Paul Labaisse 1991.

 

 

cosi fan tutte 3

 

cosi fan tutte 2

 

Les Noces de Figaro (Mozart)

Aux noces, ils étaient venus, les uns marchant,
Les autres sur des chars couverts de fleurs soyeuses,
Et tous ces gens formaient une bande joyeuse,
Et folle, par-delà les chemins et les champs.

Tous, ils étaient venus, le comte, la comtesse,
Le jardinier au bras de Marceline, en pleurs,
Et Chérubin portait un chapeau de couleurs,
Et Barberine avait des rubans dans ses tresses.

Tels des enfants heureux, ils allaient, indociles,
Traversant bois et prés, au milieu des troupeaux
Surpris de ce cortège aux brillants oripeaux.

Ils filaient ainsi, vifs et fous, vifs et fébriles,
Et quand tomba le soir, on vit, dans l’ombre brune,
Suzanne et Figaro, qui rêvaient sous la lune.

Jean-Paul Labaisse 1991-2009.
Merci à Fabienne.

 


Noce de Figaro1