Madame Butterfly

Puccini, cabaret, bar splendide et baroque,
Avec ses girls, ses kids, un western musical
Plein de bruit, de fureur, un conte oriental,
Et Turandot posant son énigme équivoque.

 

C’est une fille aux yeux de jais, une geisha
A la peau blanche, à la figure peinte et blême.
Dans sa chambre, elle a mis des fruits, des fleurs ; elle aime
Un bel Américain, un Marine, un soldat !

Mais il a disparu, par un jour de printemps,
Disant qu’il reviendrait ; les mois et les années
Ont fui… Dans le jardin, les fleurs se sont fanées,
Et l’ombre a dévoré la chambre qui l’attend.

Dans le port est entré un navire de guerre.
Elle entend des marins, des voix, des bruits de pas…
Elle entrouvre la porte, et Pinkerton est là,

Debout dans le soleil, en veste militaire.
Elle veut l’embrasser, mais elle voit soudain
La femme à ses côtés, qui lui presse la main.

1992.

 

Puccini Butterfly
Madame Butterfly sur une affiche de Leopoldo Metlicovitz

Puccini Butterfly 2

La Bohème (d’après Puccini)

Dans le Quartier Latin vivent des jeunes gens
Sans fortune : Marcel, qui peint et qui dessine,
Schaunard, musicien, et le penseur Colline ;
Rodolphe fait des vers – et ils n’ont pas d’argent.

Mais qu’importent la faim, l’hiver, la pauvreté !
Dans leur mansarde froide, ils chantent, font la fête ;
Pour se chauffer un peu, Rodolphe au foyer jette
Ses livres, ses écrits – Quelle belle clarté !

On entend quelqu’un qui frappe et gratte, à la porte ;
Toute blême, Mimi paraît, crachant du sang.
Elle semble si mal… Sur un lit on la porte.

Dans les bras de Rodolphe, elle a, très doucement,
Mis la tête ; elle fait encore un mouvement,
Ferme les yeux, esquisse un sourire – Elle est morte.

1992.

 

La_Boheme_poster_by_Hohenstein
Affiche originale d’Adolf Hohenstein pour La Bohème de 1896
La_Boheme_Act_II_set
Adolf Hohenstein, croquis de la première représentation (deuxième tableau)