Le Chevalier à la Rose

Richard Strauss, une loge aux sublimes dorures,
À l’opéra, parmi les barons parfumés,
Et les bourgeoises chics, pendant que Salomé,
Pour l’homme trop aimé, danse, impudique et pure.

 

Sur un grand lit de soie, ils dorment, bienheureux ;
Lui, c’est un enfant frêle, aux légères caresses,
Elle, une femme blonde et belle, aux longues tresses ;
Il n’a que dix-sept ans, elle en a trente-deux.

Dans ses bras parfumés, il dort, comme les anges
Doivent dormir ; il est si tendre, il est si blond !
Elle passe la main, doucement, sur son front ;
Il sourit, égaré sans son sommeil étrange…

Bientôt, il partira, bien loin, et d’autres bras
S’ouvriront ; dans les nuits, dans les jours, il sera
Un prince merveilleux au royaume des femmes.

Il tiendra dans les doigts une fleur ; quelque chose
Brillera dans ses yeux, comme une chaude flamme,
Et l’on dira : « c’est le Chevalier à la Rose ! »

1991.

 

Chevalier à la rose
Erin Morley et Alice Coote dans le Chevalier à la Rose au Met