Lettre d’Amour (d’après Eugène Onéguine)

Tchaïkovski, paradis de glaces et de neiges
Où, parmi les danseurs et les cygnes divins,
Glisse dans le rêve et l’azur le baladin
Magique, merveilleux des amours sacrilèges.

À la douce clarté tombant d’une bougie,
La jeune fille veille ; entre ses fins doigts blancs,
La page d’une lettre, une plume noircie,
Qui s’envole, qui court, sur le papier brillant.

À son balcon de bois, les parfums de la nuit
S’élèvent lentement, gagnent la chambre close,
Flottent quelques instants, zéphyr indéfini…
Comme la lettre embaume ! Ô la senteur des roses !

« Que je t’aime, Onéguine, ô prince de mes jours !
Reçois donc cette lettre, et respire l’odeur
Du jasmin, du lilas, le parfum de l’amour ! »

La flamme s’est éteinte, à la fenêtre en fleurs.
– Dans l’aurore, un rayon vole, fuit, court, scintille,
Sur le papier soyeux d’une lettre, qui brille.

1992.

lettre d'amour
Jeune fille écrivant une lettre d’amour, Pietro Antonio Rotari (1755)
lettre d'amour 2
Jeune Fille lisant une lettre à la bougie, Jean-Baptiste Santerre (1700)