Neuf heures onze

à la mémoire des victimes des attentats
 de Bruxelles du 22 mars 2016.


Dans le métro bondé, c’était l’heure du rush ;
Des cadres consultaient leurs mails sur des tablettes,
Un grand adolescent jouait à Candy Crush,
Un retraité lisait calmement sa gazette.

Mérode, Pétillon, Montgomery, Schumann…
Tous ces noms surgissaient dans le noir des tunnels.
Cette femme écoutait un morceau de Goldman,
Ce garçon fredonnait une chanson d’Adèle…

Et soudain, un grand bruit, une grande lumière,
Des corps sans vie couchés dans les éclats de verre,
Des visages sanglants au milieu des décombres.

Dispersés sur le sol, GSM et Smartphones
S’allument, vibrent longuement, clignotent, sonnent,
Puis s’éteignent, dans le silence et la pénombre…

Jean-Paul Labaisse, mai 2016.

 

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Sept heures cinquante-huit

à la mémoire des victimes des attentats
 de Bruxelles du 22 mars 2016.

 

Ils étaient arrivés tôt à l’aéroport.
Istanbul, Kinshasa, Madrid, Washington, Londres…
Tous ces noms défilaient, changeaient dans la seconde.
Ils tenaient à la main visas et passeports.

L’un apercevait déjà la cité d’Angkor,
Cet étudiant partait à l’autre bout du monde,
Celle-ci s’endormait, tranquille, au bord de l’onde,
Cet homme rejoignait son épouse à Francfort.

Mais ils ne verront pas les lagons et les plages,
La lumière du soir sur les temples magiques,
Ils ne sentiront plus les parfums de l’Afrique.

Ils sont couchés sur le sol, près de leurs bagages,
Le visage éclairé par un soleil timide,
Et leurs passeports ont glissé de leurs mains vides…

Jean-Paul Labaisse, 29 mars 2016.

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L’oiseau du Ciel, de René Magritte, qui fut longtemps
l’emblème de la Sabena, compagnie d’aviation nationale belge

 

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Bruxelles

à la mémoire des nombreuses victimes
des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016.
Pourquoi tant de haine et d’intolérance ?

Le soleil se levait doucement sur Bruxelles.
Des amoureux s’embrassaient place de Brouckère ;
Au Mont des Arts chantaient des pinsons et des merles ;
Un vieillard somnolait sur un banc, solitaire.

Le soleil brillait et Bruxelles était si belle !
L’hôtel de ville scintillait sous la lumière,
Et l’on apercevait l’archange Saint-Michel
Terrassant le dragon de son épée de fer.

Mais des nuages noirs ont brusquement paru,
Obscurcissant le ciel et voilant le soleil.
Les amoureux ont fui, les oiseaux se sont tus…

Sur la Grand-Place s’écoule un ruisseau vermeil.
Saint-Michel, là-haut, verse des larmes amères
Qui tombent doucement sur les statues de pierre.

Jean-Paul Labaisse, 24 mars 2016.

 

Une version musicale du poème se trouve sur le site http://escapadeautomnale.centerblog.net/rub-les-poesies-de-jean-paul-.html
(merci à Automnale  et Jean-Marie)

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Saint-Michel terrassant le dragon,
au sommet de l’hôtel de ville de Bruxelles

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  Prudentia, une des statues du portail de l’hôtel de ville

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L’émouvant hommage de Plantu dans le journal le monde

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Photo prise ce 25 mars à midi, place de la Bourse…

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25 mars à midi

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 L’hommage rendu aux victimes, le 23 mars, place de la Bourse